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La Chaire Monumentale de la Cathédrale de Soissons
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SOISSONS
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| Monuments |
Si vous vous baladez dans la magnifique vallée de l’Aisne, un arrêt à Soissons s'impose. Au cœur de la majestueuse cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais se cache un trésor d’ébénisterie et d'histoire souvent admiré par les visiteurs, mais dont on connaît peu les péripéties : sa chaire à prêcher.
Bien plus qu'un simple meuble liturgique en bois, cette œuvre d'art raconte à elle seule la résilience du patrimoine soissonnais face aux tourments du XXe siècle.Une œuvre née de la générosité des fidèles
Au tout début du XXe siècle, la cathédrale de Soissons ne disposait que d'une petite chaire très sobre, qui manquait cruellement d'envergure par rapport aux dimensions vertigineuses de la nef (qui culmine à plus de 30 mètres de haut !).
Désireux d'offrir à « l'église-mère » du diocèse un mobilier à sa hauteur, l'archiprêtre Gustave Landais, soutenu par les dons généreux des paroissiens, fait appel à l'architecte diocésain Paul Gout à la fin de l’année 1901. Réalisée à Paris par la maison Biais, cette œuvre monumentale fut officiellement bénite le 8 novembre 1903. Les gravures sur la montée de son escalier portent d’ailleurs encore aujourd’hui le témoignage de cet élan de générosité.Sauvée des bombes de la Grande Guerre
L'histoire de cette chaire a bien failli s'arrêter net en 1915. Alors que la Première Guerre mondiale fait rage et que la cathédrale subit de violents bombardements qui laisseront son clocher en ruines, des mesures de sauvegarde héroïques sont prises.
Au milieu du mois de juin 1915, l’architecte Émile Brunet ordonne le démontage minutieux des plus beaux éléments sculptés de la chaire pour les mettre à l’abri. Une décision visionnaire qui permit de sauver la cuve richement décorée, illustrant la propagation de l’Évangile dans le Soissonnais.Une résurrection dans les années 20
Dès la fin du conflit, la reconstruction s'organise. En août 1920, la chaire est restaurée par la maison Waendendries de Soissons pour être prête pour le sacre du nouvel évêque, Monseigneur Binet. Dans un premier temps, elle est installée temporairement à la croisée du transept — la nef étant encore trop endommagée pour accueillir les fidèles — avant de retrouver sa place d’origine une fois les travaux de la cathédrale totalement achevés.
Aujourd'hui, lorsque l'on contemple la finesse de ses sculptures, on ne peut s'empêcher d'avoir une pensée pour ces artisans, ces architectes et ces habitants de la vallée de l'Aisne qui ont tout fait pour préserver la beauté de leur patrimoine. Un indispensable lors de votre prochaine visite dans la région ! |
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