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Jules-François de Simony : un prélat d'Ancien Régime au service du Soissonnais
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SOISSONS
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Si la ville de Soissons conserve aujourd'hui une statue à l'effigie de Jules-François de Simony, c'est que cet ecclésiastique marqua profondément le renouveau de l'Église catholique locale dans la première moitié du XIXe siècle. Évêque de Soissons, puis premier titulaire du titre unifié d'évêque de "Soissons et Laon", son parcours traverse les tempêtes de la Révolution, de l'Empire et de la Restauration.
Des origines toscanes à la vocation parisienne
Né à Toulon (Var) le 28 ou 29 juillet 1770, Jules-François de Simony est issu d'une ancienne famille noble d'origine toscane, solidement ancrée dans la tradition militaire et maritime du grand port d'attache du Sud de la France (son entourage compte notamment des officiers de la Marine royale).
Destiné très jeune à une carrière ecclésiastique, il quitte le soleil de la Provence pour faire ses premières armes intellectuelles à Paris. Il y étudie la philosophie puis entre en 1787 au prestigieux séminaire d'Issy, tenu par les Sulpiciens. Brillant, il y devient rapidement professeur de théologie.La tourmente révolutionnaire et l'ordination tardive
L'élan du jeune théologien est brutalement stoppé par la Révolution française. En 1792, la congrégation de Saint-Sulpice est dissoute, ses membres dispersés et les séminaires fermés. Jules-François de Simony doit traverser cette période trouble dans la discrétion.
Ce n'est qu'au retour à une relative paix religieuse sous le Premier Empire qu'il peut pleinement renouer avec sa vocation. En 1808, il intègre le "petit séminaire" Saint-Sulpice reconstitué. Il est finalement ordonné prêtre le 16 juin 1810, à l'âge mûr de 40 ans.
L'ascension sous la Restauration
Avec le retour des Bourbons sur le trône de France (la Restauration), la carrière de l'abbé de Simony s'accélère grâce à ses réseaux et à sa fidélité à la couronne :
En 1821 : Il est nommé Grand-vicaire du diocèse de Chartres.
En 1823 : Il devient l'un des aumôniers attitrés du comte d'Artois (le futur roi Charles X).
Cette proximité avec la famille royale lui ouvre les portes de l'épiscopat. Le 15 décembre 1824, il est nommé évêque de Soissons. Son ordination épiscopale (son sacre) a lieu le 24 avril 1825, célébrée par l'influent archevêque de Reims, Mgr de Latil.Un épiscopat marquant : l'unification de Soissons et Laon
Lorsque Mgr de Simony prend possession de son siège, le diocèse est en pleine reconstruction après les ravages de la période révolutionnaire. L'un des faits majeurs de son épiscopat survient en juin 1828 : par un bref (décret) du pape Léon XII, il est officiellement autorisé à joindre le titre de l'ancien évêché de Laon à celui de Soissons. Il devient ainsi le premier évêque de "Soissons et Laon", scellant l'identité religieuse moderne du département de l'Aisne.
Pendant plus de vingt ans, il s'attache à réorganiser les paroisses, à rebâtir les structures cléricales et à visiter inlassablement les communes de sa juridiction, se forgeant une réputation d'homme charitable et proche de ses fidèles. Une épitaphe d'époque résumera d'ailleurs son action par ces mots : « Il fut chéri de Dieu et de son peuple et sa mémoire est en bénédiction. »Fin de vie et postérité
Atteint par le poids des ans et le déclin de sa santé, Mgr de Simony remet sa démission au pape Pie IX en mai 1847. Celle-ci est acceptée au cours de l'été. C'est son propre vicaire général, Paul-Armand Cardon de Garsignies, qui lui succède sur le siège épiscopal.
Refusant de quitter la terre qu'il a servie, l'ancien évêque se retire modestement au sein du Grand Séminaire de Soissons. C'est là qu'il s'éteint le 24 février 1849 (la fiche locale mentionne parfois le 29 février par erreur de transcription historique) à l'âge de 78 ans.
Aujourd'hui, au-delà des archives locales et de la mémoire religieuse du département de l'Aisne, c'est son monument funéraire et sa statue (évoquée sur le site de la Vallée de l'Aisne) qui perpétuent le souvenir de ce prélat provençal devenu figure incontournable du Soissonnais. |
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