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Terreur et Guillotine : Quel fut le destin de Soissons sous la Révolution ?

Terreur et Guillotine : Quel fut le destin de Soissons sous la Révolution ? SOISSONS
Histoire
On imagine souvent la Terreur révolutionnaire à travers l'image d'une guillotine dressée sur la place principale de chaque ville de France. Pourtant, à Soissons, l’histoire a pris un chemin bien différent. Si le sang n'a pas coulé sous un couperet local, la ville a payé un lourd tribut à la Révolution. Enquête sur le destin de ces Soissonnais envoyés à l’échafaud.Pas de guillotine à Soissons : Pourquoi ?
C’est une réalité historique qui surprend parfois : il n’y a jamais eu de guillotine installée à Soissons pendant la Révolution française. La célèbre machine ne s'est arrêtée ni sur la place de la République, ni devant la cathédrale. Deux raisons majeures expliquent cette absence :

La perte du statut de chef-lieu : En 1791, malgré l'intervention du jeune Saint-Just, c'est Laon qui est choisie comme chef-lieu du département de l'Aisne. C’est donc à Laon qu'est installé le Tribunal criminel départemental et sa guillotine itinérante.

La centralisation parisienne : Pour toutes les affaires politiques ou de « trahison contre la République », la Convention ordonne le transfert direct des suspects vers la capitale.Qui étaient les Soissonnais condamnés à mort ?
Si la machine était à Paris ou à Laon, les victimes, elles, venaient bien de Soissons. Contrairement aux idées reçues, la Terreur n’a pas frappé que la noblesse ou le clergé. À Soissons, ce sont avant tout des artisans, des marchands et de simples citoyens qui ont été envoyés à la mort pour des motifs politiques ou économiques :

Jean Begon : Marchand de peaux de lapins à Soissons, condamné à mort et guillotiné à Paris le 21 août 1794 pour trafic de faux assignats (la monnaie de l'époque).

Marguerite Tingry : Limonadière (tenancière de café) née à Soissons, exécutée à Paris à l'âge de 33 ans pour avoir tenu des propos jugés contre-révolutionnaires.

Henri Victor Noël Belly : Habitant de Soissons issu de la bourgeoisie, condamné pour émigration (avoir fui le pays) et exécuté le 22 novembre 1793.

Des prêtres réfractaires : Plusieurs hommes d'Église du diocèse de Soissons, coupables d'avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé.

Combien de victimes soissonnaises ?Il n’existe aucun chiffre global officiel. Les historiens estiment que pour l'ensemble de l'Aisne, environ 200 personnes ont été officiellement condamnées à mort par la justice révolutionnaire. Au sens strict, le nombre de Soissonnais (natifs ou résidents) guillotinés à Paris ou à Laon se compte en quelques dizaines (probablement entre 30 et 60 personnes).

Cependant, ce chiffre officiel oublie les victimes de l'ombre. Soissons possédait plusieurs prisons (comme l'abbaye Saint-Jean-des-Vignes ou le couvent des Cordeliers) où s'entassaient des centaines de suspects. Beaucoup de prisonniers soissonnais sont morts de maladie, de faim ou de désespoir dans ces cachots insalubres, bien avant d'avoir pu être présentés à un juge.Comment retrouver leurs noms aujourd'hui ?
Il n'existe pas de « Liste des guillotinés de Soissons » unique. Pour retrouver la trace de ces citoyens, il faut mener un travail de recherche croisée :

Les pistes pour les chercheurs et généalogistes :

À Paris : Consulter la Liste générale des condamnés par le Tribunal révolutionnaire, accessible aux Archives nationales ou sur les sites de généalogie (comme Geneanet) en filtrant par le lieu de naissance "Soissons".

À Laon : Explorer les registres du Tribunal criminel de l'Aisne aux Archives départementales pour les condamnations de droit commun.

À Soissons : La section Histoire locale de la Bibliothèque municipale conserve les bulletins de la Société historique de Soissons, qui recensent les registres d'écrou et les listes de suspects incarcérés dans la ville en 1793 et 1794.Bien que la guillotine soit restée invisible dans ses rues, Soissons a pleinement vécu les heures sombres de la Terreur, rappelant que derrière le titre égalitaire de « citoyen », personne n'était à l'abri.
 

Terreur et Guillotine : Quel fut le destin de Soissons sous la Révolution ?
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