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Les Marines américains et Soissons
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SOISSONS
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| Histoire |
L'histoire des Marines américains à Soissons fait référence à l'un des engagements les plus sanglants, mais aussi les plus décisifs, du Corps des Marines des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale : la bataille de Soissons (18-22 juillet 1918), qui s'inscrit dans la grande contre-offensive alliée de l'Aisne-Marne.
Après s'être illustrée et avoir subi de lourdes pertes au bois Belleau en juin 1918, la 4e brigade de Marines (composée des 5e et 6e régiments de Marines et du 6e bataillon de mitrailleuses), intégrée à la 2e division d'infanterie américaine, est envoyée dans la région de Soissons.Une attaque surprise et fulgurante
Le 18 juillet 1918, à 4h35 du matin, les troupes alliées lancent une contre-offensive majeure pour réduire le saillant allemand qui menace Paris. L'effet de surprise est total : contrairement aux habitudes de l'époque, l'assaut est lancé sans bombardement d'artillerie préliminaire.
Les Marines s'élancent depuis la forêt de Retz (au sud-ouest de Soissons), progressant à travers les champs de blé sous un feu nourri. Le 5e régiment de Marines mène la charge le premier jour, soutenu par des chars français, et parvient à capturer des positions clés comme la ferme de la Verte-Feuille, Chaudun et le village de Vierzy. Le lendemain, le 6e régiment prend le relais.Le "bûcher" de Soissons : des pertes effroyables
Si l'offensive est un succès tactique qui bouscule les lignes allemandes, le prix payé par les Marines est dramatique. Face à des nids de mitrailleuses allemandes particulièrement bien retranchés et à des tirs de barrage d'artillerie destructeurs, les unités américaines sont décimées.
En seulement deux jours de combats intenses, la brigade de Marines subit d'effroyables pertes (morts, blessés et disparus). Certaines compagnies perdent la quasi-totalité de leurs effectifs. L'historien militaire Allan R. Millett a souligné que l'intensité des combats dans les champs de Soissons a surpassé en violence, par moments, celle du bois Belleau.Le tournant de la guerre
Malgré le coût humain, l'action de la 2e division américaine (incluant les Marines) et de la 1ère division à Soissons remplit ses objectifs :
Elle coupe les voies de communication et de ravitaillement allemandes (notamment la route Soissons-Château-Thierry).
Elle force l'armée allemande à battre en retraite et à abandonner définitivement ses plans d'offensive sur Paris.
Les historiens s'accordent à dire que la bataille de Soissons constitue le véritable tournant de l'année 1918 sur le front occidental. À partir de ce moment, l'armée allemande perd l'initiative et ne fera plus que reculer jusqu'à l'Armistice du 11 novembre.Aujourd'hui, plusieurs monuments et cimetières militaires américains dans la région de l'Aisne (comme le cimetière américain d'Aisne-Marne à Belleau ou les mémoriaux de la 2e division) rappellent le sacrifice de ces soldats. Pour le Corps des Marines, "Soissons" reste inscrit en lettres d'or dans leur histoire de combat, au même titre que la crête de Blanc-Mont ou Guadalcanal.
Photo: un montage de deux cartes postales de soissons en ruines envoyées par un soldat français à sa Mère |
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