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De la Picardie aux Trésors des Tsars : L'incroyable destin de Pierre-Karl Fabergé

De la Picardie aux Trésors des Tsars : L'incroyable destin de Pierre-Karl Fabergé LA BOUTEILLE
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Connu dans le monde entier pour ses célèbres et somptueux "Œufs de Fabergé", le grand joaillier russe Pierre-Karl Fabergé (1846–1920) cache des racines étonnamment ancrées dans le terroir picard.

Un exil gravé dans l'Histoire
Né à Saint-Pétersbourg et mort en exil à Lausanne, Fabergé est issu d’une lignée de protestants français (les Favri, devenus Fabergé). Suite à la révocation de l’édit de Nantes en 1685, sa famille fuit les persécutions religieuses. Les Fabergé entament alors une longue migration : d'abord vers l'Allemagne, puis vers la Livonie (une province balte alors sous contrôle de l'Empire russe), avant de s'installer définitivement à Saint-Pétersbourg dans les années 1830.La Bouteille : le berceau familial oublié
Le point de départ de cette épopée familiale se situe dans le petit village de La Bouteille, niché dans le département de l'Aisne.

Cette localité doit son nom singulier à l'implantation, dès 1540, d'une ancienne fabrique de bouteilles. Traversé par la paisible rivière du Thon (ou Ton), le village abrite un patrimoine historique remarquable, témoin des guerres du passé : l'église fortifiée Notre-Dame, bâtie en 1547 pour protéger les villageois des invasions.
C'est depuis ce petit coin de Thiérache que les ancêtres du joaillier des Tsars ont emporté avec eux un savoir-faire et une histoire qui allaient, quelques siècles plus tard, éblouir les cours royales du monde entier.L'histoire des œufs de Fabergé est intimement liée aux dernières décennies de la famille impériale russe, les Romanov. Tout commence par un geste d'amour impérial pour Pâques, la fête la plus importante du calendrier orthodoxe russe.L'origine : Un cadeau de Pâques impérial
En 1885, le Tsar Alexandre III décide d'offrir un cadeau de Pâques exceptionnel à son épouse, l'Impératrice Marie Feodorovna. Il passe commande auprès du jeune mais déjà très talentueux bijoutier de la cour, Pierre-Karl Fabergé.

Fabergé imagine alors l'Œuf à la poule : un œuf en émail blanc opaque qui s'ouvre pour révéler un jaune d'or. Ce jaune contient une petite poule en or ciselé, qui elle-même cache une réplique miniature en diamant de la couronne impériale et un pendentif en rubis. L'Impératrice est tellement émerveillée que le Tsar décrète que Fabergé créera un œuf chaque année, avec une seule condition : chaque œuf doit être unique et contenir une surprise inédite.

À la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II perpétue la tradition en commandant deux œufs chaque année : un pour sa mère (Marie Feodorovna) et un pour son épouse (Alexandra Feodorovna).
La production s'est arrêtée brutalement avec la Révolution russe de 1917 et l'exécution de la famille impériale. Les bolcheviks ont alors pillé les palais et vendu une grande partie de ces trésors pour obtenir des devises étrangères.

Le saviez-vous ? Sur les 7 œufs impériaux officiellement "perdus", le destin de l'un d'eux relève du miracle. En 2012, un ferrailleur américain a acheté un œuf en or sur un marché aux puces pour 13 000 $, dans l'espoir de le revendre pour la valeur du métal. Après des recherches sur Internet, il a découvert qu'il s'agissait du Troisième œuf de Pâques impérial (1887), estimé à plus de 20 millions de dollars !Où se trouvent-ils aujourd'hui ?
Les œufs survivants sont dispersés à travers le monde dans des collections publiques et privées :

Le Palais des Armures du Kremlin (Moscou) : Il possède la plus grande collection publique avec 10 œufs impériaux.

Le Musée Fabergé (Saint-Pétersbourg) : Le milliardaire russe Viktor Vekselberg a racheté la célèbre collection de l'américain Malcolm Forbes en 2004 (9 œufs impériaux) pour les rapatrier en Russie.

La Collection Royale Britannique : La reine Elizabeth II possédait (et le roi Charles III possède aujourd'hui) 3 œufs impériaux.

Le reste est réparti dans divers musées américains (Richmond, Cleveland, Washington) et chez de riches collectionneurs privés.
Photo:
Eglise Notre Dame de la Bouteille
 

De la Picardie aux Trésors des Tsars : L'incroyable destin de Pierre-Karl Fabergé
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