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Résistance, Répression et Destins Brisés sous l’Occupation
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PIERREFONDS
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| Guerre 39-45 |
Pendant la Seconde Guerre mondiale, derrière la silhouette romantique de son château fort, Pierrefonds cachait un quotidien bien plus sombre et héroïque. Entre 1940 et 1944, la commune et ses denses massifs forestiers sont devenus des bastions stratégiques de la Résistance intérieure dans l’Oise. Voici l'histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont bravé l'occupant, et le prix terrible qu'ils ont payé pour notre liberté.Un sanctuaire forestier pour la clandestinité
Dès 1943, l’instauration du Service du Travail Obligatoire (STO) pousse de nombreux jeunes de la région à fuir les réquisitions allemandes. Les forêts de Compiègne et de Retz, truffées de carrières de pierre et de cavités rocheuses, deviennent le refuge idéal pour les réfractaires.
Dans cette zone grise, les mouvements se structurent : les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) mènent des coups de main rapides, tandis que l’Organisation Civile et Militaire (OCM) tisse sa toile. C’est d'ailleurs à Pierrefonds que Georges Fleury, le chef départemental de l'OCM traqué par la Gestapo, parviendra à cacher sa famille tout en continuant à piloter les actions dans le département.Édouard Thiesnard : L'instituteur au service de la République
Parmi les figures marquantes nées à Pierrefonds, une incarne parfaitement l'engagement des "hussards noirs" de la République : Édouard Thiesnard.
Né dans la commune le 25 mai 1914, cet instituteur choisit la voie de la clandestinitéProfitant de son ancrage local, il participe activement à l'organisation de la lutte. Son dévouement le propulse au premier plan à la Libération : en octobre 1944, il est nommé Président du Comité Cantonal de Libération de Grandvilliers, jouant un rôle clé dans la reconstruction administrative de l’Oise.Sabotages et terreur au hameau de Palesne
L'objectif prioritaire de la résistance pétripontaine était de paralyser la logistique allemande. La ligne ferroviaire reliant Compiègne à Villers-Cotterêts fait l'objet d'un harcèlement constant.
Le point d'orgue de cette guérilla survient en juillet 1944. Lors d'une opération commando d'une extrême audace, le pont de chemin de fer de Palesne (hameau rattaché à Pierrefonds) est dynamité. Le trafic allemand est définitivement stoppé sur cet axe, mais la réaction de l'occupant est immédiate et féroce. La Gestapo de Compiègne lance des vagues de perquisitions brutales, arrêtant bûcherons, ouvriers agricoles et gardes-forestiers soupçonnés d'avoir ravitaillé le maquis ou gardé le silence.Le prix de la liberté : Les habitants arrêtés et déportés
À Pierrefonds, la répression frappe des visages bien connus du village. Les archives et le mémorial du camp de Royallieu permettent aujourd'hui de mettre en lumière plusieurs de ces destins :
Fernand Robert : Débitant de tabac à Pierrefonds. Sa boutique servait de "boîte aux lettres" et de plaque tournante pour les renseignements de l'OCM. Repéré pour ses activités, il est arrêté par la Gestapo.
André Durupt : Habitant du village, il s'était engagé dans le soutien logistique, la fabrication de faux papiers et le ravitaillement des maquisards en forêt avant d'être raflé en 1944.
Albert Masson : Le martyr de Pierrefonds. Né à Pierrefonds, ce résistant est arrêté au cours de l'été 1944 après le sabotage du pont de Palesne. Interné à Compiègne, il est entassé dans le tout dernier convoi de déportation (le convoi n°79 du 17 août 1944, dit "convoi des 51 otages") à destination de Buchenwald. Transféré au camp de Neu-Stassfurt, il survit à l'enfer des usines de sel, mais meurt d'épuisement lors des tragiques "marches de la mort" le 25 avril 1945 entre Clausnitz et Dittersbach, à quelques jours seulement de la fin de la guerre.Le village sera définitivement libéré le 1er septembre 1944. |
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